Il est vital de partager les connaissances en temps de crise et c’est une réaction logique des êtres humains que de s’entraider quand tout va mal. Cet état d’esprit est naturel dans les communautés œuvrant pour les biens communs, le covid19 montre à quel point les collaborations permettent de trouver des solutions efficaces et abordables. Pour preuve, suite au désastre de Fukushima, un dispositif électronique à bas coût avait été développé dans l’urgence et collaborativement grâce à un réseau de bénévoles ingénieux. Il permettait ainsi aux personnes à faibles ressources financières de pouvoir tester les zones de radioactivité. Son nom : Compteur Geiger open source.

Compteur Geiger open source DIY pour Fukushima

Entraide

Avec le covid 19, l’histoire est répétée : notices de couture pour fabriquer des masques, plans d’arceau de visières, crochets pour poignées de portes en téléchargement libre et à imprimer en 3D.

Visières de protection: l’arceau est imprimé en 3D

Crochet d’ouverture de porte imprimable en 3D

Des masques faits maison et distribués aux artisans du quartier

La réactivité tardive du gouvernement a généré une solidarité, ces inventions techniques en sont un bel exemple. Évidemment, nous espérons que le projet de kit de détection covid 19 à bas coût et open source verra bientôt le jour. Autant complexe et révélateur de l’intelligence collective, MakAir, est un respirateur open source, développé en quatre semaines par des makers et chercheurs d’horizons différents.

Open source ?

C’est-à-dire des projets avec des fichiers sources ouverts, accessibles, reproductibles, modifiables auxquels sont attribués une licence CreativeCommuns conférant des droits à l’auteur de la création. Les projets “open source hardware”, (en français, matériel libre) réunissant une diversité de chercheurs (makers, ingénieurs, étudiants, bénévoles, personnes concernées) sont inclusifs, notamment au niveau de la propriété intellectuelle qui devient partagée plutôt que privée, n’est-ce pas merveilleux ?

 

Et pendant que le réseau français des fablabs (RFF) recense informations et projets open data, Github permet d’y participer en tant que développeur.

 

Cela peut paraître trop technique, afin de mieux comprendre, la vidéo ci-dessous résume en 20 min comment les makers se sont organisés dès le début du confinement. Groupes de travail, design, prototypage, erreurs, tests, essais…merci Monsieur Bidouille pour cette vidéo.

La situation de crise permet de révéler, non seulement la générosité intrinsèque à l’être humain, mais aussi de favoriser l’ébullition des réseaux de coopération et de développement d’outils pour les communs.

Des exemples ?

Les groupes Facebook Makers Contre le Covid créé par département, permettent de recenser la demande en masques (aides soignants, artisans, particuliers…), de les fabriquer localement et de les distribuer gratuitement via des bénévoles. 100 000 visières produites grâce à l’impression 3D, implication de 5000 makers bénévoles, 100 fablabs comme le relate le média Makery. De la ville au village, la solidarité a encore fait ses preuves et ce n’est qu’un début !

My Human Kit a rejoint le réseau départemental Makers contre le Covid 35 à qui nous fournissons des supports pour visières.

Support de visières imprimé en 3D se fixant sur la tête

Yves Le Chevalier, bénévole de l’association a également réalisé une documentation pour fabriquer des masques barrières à deux ou trois plis avec une machine à coudre. Voici le document à télécharger : Tuto_masque_tissus_réglable. Retrouvez plus d’informations sur notre wikilab.

Humanlabs en France…

  • Le collège La Petite Lande à Rezé (44)  étant dans l’impossibilité d’organiser la course solidaire annuelle propose de faire un don afin de soutenir le projet Humanlab Africa.
  • L’APAJH44 à Nantes fabrique et distribue des visières
  • Benoit du Humanlab de Palavas-Les-Flots est impliqué dans le projet de respirateur low tech MUR.

…et à l’international

  • Frugalité au Senfablab de Dakar, Aissatou et Arame, deux makeuses de seize et dix-sept ans ont fabriqué un système de lavage de mains automatiques, bravo les filles ! (c’est passé au journal télévisé à Dakar, voir ci-dessous).
  • Pendant ce temps-là, en Inde le Makers Asylum fabrique et distribue des visières aux agents de la police de Bombay.

Entreprises de notre réseau

Orthopus à Nantes imprime et distribue des visières de protection via le groupe Facebook Makers 44. L’entreprise SLS à Rennes, inscrite au réseau des entreprises unies en Bretagne  insiste sur le fait que l’open source est une alternative indispensable pour le futur. A Lille, U-Exist, entreprise spécialisée dans la personnalisation de prothèses propose la vente à distance de masques, avec une petite touche fashion en plus, histoire d’avoir du style.

L’AFNOR (Association Française de Normalisation) a mis en ligne un guide d’exigences pour la fabrication de masque barrière. La liste des initiatives est longue, en voici quelques-unes: Entraide Maker France, Open source against covid 19, Fabricommuns, Covid3D, Covid initiatives, 3D4 care, pôle EMC2, Riposte créative….en cherchant sur le net, vous en trouverez bien d’autres.

Conclusion

On redécouvre en ces temps de crise que le partage et l’entraide, même s’ils sont aujourd’hui exacerbés, sont à vrai dire, constitutifs de notre condition humaine. Pensons à l’après, avec les difficultés économiques qui s’annoncent, en particulier et comme toujours, pour les plus faibles.

Même s’il est peu probable que les jours radieux dont nous rêvons tous ne soient encore “pour cette fois”, ce sera peut-être l’occasion d’évoluer non plus vers la compétition, mais plutôt vers l’émulation. Si nous savons faire preuve de solidarité face au virus, nous savons aussi le faire pour les autres défis qui s’annoncent, par exemple en matière d’environnement.

Partageons, développons et appliquons les connaissances, car le savoir est une arme face à l’ignorance.